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Neptune - L'île de Bendor

Dernière mise à jour : 15 mars

L’héritage artistique de Paul Ricard

La petite île de Bendor, moins d'une dizaine de kilomètres de superficie, ne serait probablement rien aujourd’hui sans la vision de Paul Ricard. Roi du pastis, artiste à ses heures, il découvre cette île inhabitée et désertique au large de Bandol. Il décide de l’acheter en 1950. À cette époque, le lieu est presque désert. Jadis refuge de pirates et de naufrageurs, puis cultivée pour la production de fleurs jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle, l’île n’est plus qu’une terre sauvage battue par les vents qui ne demande qu’à être modelée.


Passionné d’art et de culture, Paul Ricard entreprend de façonner ce terrain de jeu à son image. Le mécène en fait un lieu de rencontre pour les artistes affluant du monde entier. Peu à peu, Bendor devient un espace de création et de partage où se construit une véritable relation entre l’art, la nature et les visiteurs qui découvrent l’île.


Ile de Bendor, 15 juillet 2020
Ile de Bendor, 15 juillet 2020

Le jardin des arts de la Méditerranée

Des œuvres d'art apparaissent dans les jardins et le long des chemins, transformant l’île en véritable galerie à ciel ouvert. Des sculptures parsèment l’île de toutes parts. L’ une des plus impressionnantes représente le dieu Neptune, dressé face à la mer comme pour veiller sur ce petit territoire.


Surnommée « le Jardin des arts de la Méditerranée », l’île dégage aujourd’hui une atmosphère étonnamment paisible, comme si le temps s'était arrêté. Cette tranquillité inspire souvent une réaction intérieure inattendue : on se surprend à ralentir, à observer davantage, et parfois même à se poser la question de ce que l’on vient réellement chercher dans un lieu aussi silencieux. L’archipel est un havre de paix, très tranquille, trop tranquille. Une situation presque déroutante pour qui a l’habitude de faire face au bruit et à l’agitation de la vie.


Une balade pédestre

On y accoste dans ce que l’on présente comme le plus petit port de la Grande Bleue. De petites maisons colorées accueillent les visiteurs, alignées comme une haie d’honneur. Ici, la visite se fait uniquement à pied, gage de quiétude recherchée par tant de voyageurs.


Les hôtels, restaurants et lieux d’accueil offrent également un service pensé pour préserver cette atmosphère unique. On s’aventure d’un coin à l’autre, sans stress, sans attroupement, sans bruit de klaxon ou d’ambulance. Cette simplicité change notre comportement habituel : on marche plus lentement, on observe davantage, et l’on redécouvre le plaisir des petites choses.


Les vestiges d’une époque festive

Pourtant, derrière ce silence se cache un passé beaucoup plus animé. Difficile d’imaginer que des fêtes somptueuses étaient organisées dans de fabuleux hôtels et bars. L’alcool devait couler à flots et l’on devine encore l’ambiance féérique qui régnait alors sur l’île.


Seuls les vestiges d’hôtels témoignent de cette époque glorieuse. Je m’approche doucement de l’un d’eux. Face à ce lieu abandonné, je ressens une émotion étrange, je ne me sens pas à l'aise. Des débris jonchent le sol et des structures métalliques défaillantes me font comprendre que la stabilité du bâtiment n’est plus ce qu’elle était.

Voilà un authentique décor « urbex » qui ravirait plus d’un photographe. Soudain, j’aperçois une grande porte monumentale. Sur le bois vieilli se devine encore une inscription en lettres Art déco : « cabaret ». Il ne m’en faut pas plus pour rêver un peu, imaginant les rires, les lumières et cette chose impalpable que l’on appelle parfois l’esprit d’un lieu.

 
 
 

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