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Nice vintage

22 oct. 2021
2 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 mars

Une étrange promenade

Errance sur la célèbre Promenade des Anglais. Je suis subjuguée par le calme qui y règne, une situation difficile à comprendre face à la vie animée que l’on a l’habitude de voir ici. Peu de monde. À cette époque de l’année, cela n’arrive presque jamais dans la ville de Nice. Habituellement, la promenade est animée : touristes, joggeurs, familles et cyclistes se croisent dans un joyeux désordre. Mais aujourd’hui, le décor semble figé. Nous sommes en pleine pandémie de COVID-19.


Nice, 16 juillet 2020
Nice, 16 juillet 2020

Les gens ont peur et restent cloîtrés chez eux, sans vraiment savoir quelle réaction adopter ni quoi faire pour améliorer la situation. Beaucoup se posent la même question : combien de temps cela va-t-il durer ? La puissance de ce virus a tout balayé sur son passage. Le monde se replie sur lui-même. Les rencontres disparaissent, les loisirs s’arrêtent, les écoles ferment et les événements sportifs sont annulés. Les gens n’ont plus le droit de s’approcher ni même de se parler comme avant. Il faut respecter ce nouveau concept : la distanciation sociale. Une situation que beaucoup n’auraient jamais imaginée et qui met à l’épreuve la confiance, le besoin de relation et la capacité à gérer leurs émotions. Certains cherchent du réconfort auprès de leurs proches, parfois simplement dans la présence d’un couple qui marche ensemble ou dans un geste d’aide discret entre voisins.


Une ville figée

Attendre patiemment dans une longue file pour entrer dans un supermarché est devenu courant. Cette image me fait penser aux générations qui ont connu les tickets de rationnement pendant les périodes de guerre, un problème qui semblait ne jamais pouvoir arriver de nouveau. La comparaison est troublante. D’une certaine manière, nous vivons une guerre sanitaire où chaque comportement individuel peut aider ou aggraver la situation.


En observant les magasins et les restaurants fermés le long de la Baie des Anges, un sentiment de tristesse m’envahit. La ville semble suspendue dans le temps, comme si plus rien d’important ne pouvait se passer. Les terrasses vides et les devantures closes témoignent d’un quotidien brusquement interrompu, privant chacun de ce service essentiel qu’est la vie sociale. Pourtant, on espère tous des jours meilleurs.


Le silence de la mer

Face à ce silence inhabituel, mon regard se tourne vers la mer, cherchant une raison de rester calme et de prendre du recul. Je me demande ce que deux artistes fascinés par la lumière de la Côte d’Azur, Marc Chagall et Henri Matisse, auraient pensé d’une telle scène. Auraient-ils aimé cette plage de galets presque déserte pour y peindre librement leur chef-d’œuvre ? Ou auraient-ils regretté l’absence de vie et de mouvement, se demandant comment exprimer leur émotion dans une telle situation ?


Je me concentre alors sur le bruit régulier des vagues. Personne ne vient troubler ce rythme apaisant, pas même un compagnon de promenade avec qui partager un verre ou boire un café. Pas un cri d’enfant. Aucun sport nautique bruyant. Seules quelques personnes âgées reposent dans de vieux transats décolorés, immobiles et silencieuses.

Dans ce décor inattendu, une évidence s’impose peu à peu : le monde a changé, et chacun espère retrouver bientôt le meilleur de la vie d’avant. 



 
 
 

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